Keur Baye Boss : une garderie qui sombre dans la décrépitude

De loin, des fresques murales qui commencent à perdre leur éclat indiquent qu’on est en face d’une garderie d’enfants. Dans la cour aux murs vétustes tout est calme. Ce n’est pas encore l’heure de la récréation dans cette école nichée à Gorée près des champs de « Ndogol », un quartier traditionnel de Bargny guedj. Des enfants très souriants nous accueillent avec un « bonjour Monsieur » dans une salle très triste.

Dans leur nouvelle blouse, les enfants reprennent fidèlement les phrases prononcées par la maîtresse Fatou Gueye qui y travaille comme volontaire de même que moi. « Nous sommes des relais communautaires évoluant dans une zone défavorisée. Notre objectif : récupérer les enfants qui traînent dans les rues de Bargny guedj, moyennant une petite somme à la fin du mois » confie Fatim Seck, responsable de cette garderie depuis 2006.

« Notre inscription est fixée à 4 000 francs y compris la blouse. Et la mensualité qui s’élève à 1 500 francs n’est souvent pas versée par certains parents.Mais on est obligé de faire avec, car nous sommes conscients du niveau de vie des populations. Les parents ont la volonté d’inscrire leurs enfants à l’école, mais souvent les moyens font défaut », explique Fatim Seck qui cherche désespérément un mécène pouvant les aider à rénover l’école.

Selon la responsable qui n’arrête pas d’investir ses propres moyens : « Il est impossible d’engager des réfections, encore moins de la peinture. Il faudrait tout repeindre et dresser une tente dans la cour de l’école pour protéger les élèves contre la chaleur, mais il d’autres charges. Outre la location, il faut motiver la femme de charge et le maître coranique ».

En attendant l’arrivée d’un sauveur, Fatim Seck compte trouver des parrains. Dans l’immédiat, elle estime que c’est  » l’unique solution pour permettre à cette garderie de survivre dans un milieu très hostile ».

 

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