« Les pieds dans l’eau » : Habiter dans une maison pareille, n’est pas un luxe à Bargny Guedj

Pour croquer la belle vie, toute personne aisée n’hésiterait pas à acheter une maison au bord de la plage. D’ailleurs pour vendre le littoral, les promoteurs utilisent souvent le terme « Maison, les pieds dans l’eau » pour  démontrer l’emplacement paradisiaque de leurs belles bâtisses.

Situé entre Rufisque et la ville émergeante de Diamniadio, ma ville Bargny est sauvagement agressée par l’avancée de la mer. Ici habiter dans une maison « Les pieds dans l’eau » est un véritable cauchemar.  A l’heure où on nous parle de globalisation, de mondialisation, de conférences internationales sur le réchauffement climatique par ci, de symposium sur solidarité par là, pendant ce temps là, il existe sur terre des parties où il ne fait pas vraiment bon vivre. C’est le cas de Bargny, une commune située dans la capitale du Sénégal, qui est sauvagement attaquée par l’avancée de la mer.

Un pied sur terre et un pied dans l’eau, les populations des quartiers populaires de Bargny Guedj qui vivent dans la précarité et la promiscuité totale, se sentent délaisser par les politiques publiques.  Cette population essentiellement composée de pécheurs a en même marre des journalistes et de leurs reportages « A chaque fois les médias viennent nous rendre  visite. Nous avons beau fait de déclarations, mais rien n’a été  fait.  Nous  n’avons  même  plus de toilettes. Nous  vivons pires que ceux qui sont affectés par les inondations. Les Journalistes viennent toujours et n’apportent rien » crache Amy Seck sur mon dictaphone. Tout en essayant de lui faire comprendre que le rôle des journalistes était de conscientiser l’opinion et de faire parvenir leurs problèmes auprès des autorités et bonnes volontés, la dame poursuit « Les gens nous tympanisent avec les inondations alors que nous vivons pire. Ils sont certes des sinistrés, mais ils ont choisi d’habiter dans des zones inondables alors qu’ici, c’est l’eau qui nous rejoint. Beaucoup de familles se divisent. Ceux qui ont des moyens optent pour le déménagement, mais nous qui n’arrivons pas à joindre les deux bouts, on est là », rajoute-t-elle.

Avec les pieds dans l’eau, Bargny Guedj se rétrécit de jour en jour. D’ailleurs cette situation me rappelle, le blogueur Ouseynou Seck qui disait souvent « La mer mange. Nous voulons que l’Etat trouve des solutions pour parer à l’avancée de cette mer », souligne t-il très souvent pour attirer l’attention des autorités.

Impossible d’être arrêtée par les bras de Bargny Guedj, l’avancée de la mer hante le sommeil des habitants de Bargny Guedj (Bargny sur mer).

 

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