Bienvenue à l’herboristerie de Bargny : « J’ai 13 ans et je suis Docteur»

A l’entrée du marché de Bargny, se dresse un étal, unique en son genre, qui a vu défilé bon nombre de personnes à la recherche d’un médicament capable de panser une douleur. Le service thérapeutique de cette table bien garnie en écorces, racines, feuilles  de plante, poudre, bref en médicaments traditionnels, précède même la naissance de  l’herboriste qu’on peut appeler « pharmacien traditionnel » trouvé sur place.

Apres avoir utilisé ses doigts pour compter, l’enfant qui  y fait, aujourd’hui, office de vendeur, annonce  « j’ai 13 ans et je suis Docteur » dit-il.  Bien assis derrière son étal, ce « Docteur » assez particulier de 13 ans, n’a jamais aimé les études, surtout celles très poussées, qui  peuvent faire d’une personne, un bon Docteur.  « Il n’aimait pas les études. A l’école française, il séchait les  cours et  se cachait  dans la brousse  jusqu’à 13 heures, d’ailleurs c’est ce qui explique son bref passage à l’école coranique. Mais malheureusement, il  répétait aussi  la même chose. Incapable de lui  forcer les études, je lui ai tout simplement inculqué ce métier que m’a laissé son défunt père » nous souligne la dame Haalpular, Mère Datt qui n’arrive toujours pas à bien communiquer dans la langue locale malgré son long séjour à Bargny.

Très prisée par les personnes souffrantes, cette pharmacie qui n’est pas entre quatre murs, propose des médicaments de la rue, pas ceux contestés par l’ordre des pharmaciens du Sénégal, mais ceux appelés traditionnels. Ces plantes médicinales obtenues à bas prix et consommables sans danger sont vendues sans ordonnance. « Les personnes qui arrivent ici, connaissent souvent les médicaments dont elles ont besoin. Nous ne faisons pas la consultation mais nous donnons souvent des conseils par rapport à telle ou telle maladie » nous précise la mère du petit Docteur de 13 ans.

Cet herboriste de 13 ans du nom de Cheikh Tidiane Hann, qui a usurpé la fonction des Docteurs sans le savoir,  lance fièrement « Ici on se soigne à bas prix. Pour moi, ce métier est plus noble que la maçonnerie et autres. On ne se fatigue pas  et on a de l’argent. Avec ma mère nous nous en sortons financièrement ».

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